Santé

Les émotions gênantes chez les enfants

Se lever et lever la tête après une réussite ou se replier et détourner le regard après un mauvais comportement. Ce ne sont là que quelques-unes des premières manifestations d’émotions conscientes de soi chez les enfants. Lorsqu’il s’agit d’émotions complexes, nous n’y prêtons souvent pas assez attention et négligeons donc notre travail d’aide à l’enfant pour les gérer.

Toutefois, les émotions suivantes sont très importantes en ce qui concerne la perception que l’enfant a de lui-même. Ils sont impliqués dans de nombreuses interactions sociales et influencent grandement la manière dont l’enfant va diriger son comportement. Il est donc conseillé de prendre le temps de leur expliquer pourquoi ces émotions apparaissent et comment ils peuvent y faire face.

Que sont les émotions gênantes ?

Studios d’animation Pixar, Walt Disney Pictures

La culpabilité, la honte et la fierté sont les principales émotions que tous les êtres humains ressentent. Ce sont des émotions secondaires (dérivées d’autres plus simples) et complexes : il y a certaines exigences pour leur apparition. La première exigence est celle qui donne un nom à ce type d’expérience émotionnelle : il faut être conscient de soi-même.

Conscience de soi

Le terme « gêné » peut prêter à confusion. La réalité est que ces émotions surgissent très souvent de façon automatique, sans que la conscience n’intervienne dans le processus. L’origine de son nom vient de la nécessité pour l’enfant d’être conscient de sa propre existence, de pouvoir reconnaître qu’il est un individu indépendantséparé de sa mère.

Ce jalon de l’évolution est généralement atteint vers l’âge de deux ans, il est donc peu probable de trouver des signes d’émotions gênantes dans les premiers stades. Entre 16 et 24 mois, les nourrissons commencent à développer un sens de soi rudimentaire et c’est à ce moment que ces émotions commencent à faire surface.

Plusieurs études ont montré que seuls les enfants qui étaient capables de se reconnaître dans un miroir montraient des signes de honte, la première des émotions gênantes.

Auto-évaluation

D’autre part, la caractéristique fondamentale de ces derniers est la présence d’une sorte d’évaluation concernant sa propre. Pour que la culpabilité, la honte ou l’orgueil apparaissent, l’enfant doit avoir intériorisé certains critères sur ce qui est bon ou mauvais, désirable ou indésirable par rapport à son comportement.

Sur la base de ces critères, il évalue son propre comportement et une émotion est générée. Si votre conduite répond aux critères, vous la considérerez comme une réussite et en éprouverez de la fierté. Au contraire, si vous agissez contre ces valeurs intériorisées, vous l’interpréterez comme un échec et vous vous sentirez coupable ou honteux.

Cependant, nous ne devons pas oublier que ces normes ou standards qui différencient le bien du mal sont différents dans chaque culture et même dans chaque personne. C’est à ce moment que le travail des parents devient pertinent.

Le noyau familial est la principale référence pour l’enfant dans la construction de ses valeurs.Les réactions de vos parents à vos comportements vous permettront d’identifier ce qui est bien et ce qui est mal. De la même manière, en observant les actes et les émotions de leurs parents, ils intérioriseront certaines règles de conduite.Fille représentant différentes émotions conscientes de soi.

Les émotions gênantes dans les relations sociales

Enfin, rappelons le rôle important que jouent les émotions conscientes de soi dans les relations sociales. Grâce à eux, nous préservons et réparons nos relations avec les autres. Nous orientons notre comportement pour éviter l’embarras, pour réparer la culpabilité et pour atteindre la fierté. Donc, si nous voulons que nos enfants jouissent de bonnes compétences interpersonnelles, nous devons leur apprendre à faire le lien avec leurs émotions conscientes.

Tout d’abord, donnons une place et une définition à ces émotions dans l’esprit des petits. Disposer d’un large vocabulaire émotionnel est une étape essentielle pour apprendre à gérer ses émotions.

Expliquons, à l’aide d’exemples quotidiens, à quels moments chacune de ces émotions apparaît. Et, surtout, Soulignons qu’aucun d’entre eux ne semble nous faire souffrir, mais nous guider sur la façon dont nous devrions agir.

La fierté semble nous montrer que travailler dur à l’école, même si cela coûte cher, en vaut la peine. La honte nous aide à savoir comment garder nos bonnes manières dans les situations formelles et à nous détendre lorsque nous sommes avec des amis. Et la culpabilité vient nous montrer que nous avons blessé quelqu’un que nous aimons et que nous devons réparer les dégâts.

Si nous leur parlons des émotions dès leur plus jeune âge, ils apprendront de manière beaucoup plus simple et naturelle à les identifier et à les utiliser à leur avantage.

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